Une remontée capillaire est l’eau du sol absorbée par la base d’un mur dépourvu de coupure d’étanchéité, qui monte dans la maçonnerie jusqu’à une limite horizontale nette, rarement au-delà de 1,50 m. Elle se traite par injection de résine hydrophobe, comptée 80 à 180 € le mètre linéaire, ou par drainage périphérique, 100 à 250 € le mètre linéaire.
Tout le reste de cette page sert à répondre à une seule question : est-ce vraiment de cela qu’il s’agit ? Dans le bâti ancien, un mur humide en bas peut aussi être un mur froid qui condense, un mur enfermé sous un enduit ciment, ou un mur alimenté par une gouttière percée. Les trois se traitent autrement, et beaucoup moins cher.
1. Confirmer la cause en cinq vérifications
Ces cinq points s’observent sans appareil et sans rendez-vous. Chacun sert autant à confirmer qu’à écarter : c’est la colonne de droite qui vous fera économiser le plus d’argent.
| Ce que vous vérifiez | Ce qui confirme | Ce qui écarte la piste |
|---|---|---|
| Hauteur maximale de l’auréole | Elle plafonne entre 1 m et 1,50 m environ, et n’a jamais dépassé cette limite. | Une trace au-dessus de 1,50 m, sous une fenêtre ou près du plafond : cherchez une fuite ou une condensation. |
| Forme de la limite haute | Une ligne horizontale, régulière, qui suit le mur sans tenir compte des meubles ni des angles. | Des taches en nuage, plus marquées dans les angles ou derrière une armoire : c’est une condensation. |
| Saisonnalité | Le mur est humide toute l’année, y compris en été, même si l’aspect s’atténue. | Un désordre qui disparaît complètement d’avril à octobre relève de la condensation ou de la pluie battante. |
| Présence de dépôt blanc | Un voile poudreux de salpêtre à la limite haute : c’est là que l’eau s’évapore et abandonne ses sels. | Aucun dépôt après plusieurs années d’humidité continue : l’apport d’eau est probablement récent, donc accidentel. |
| Continuité sur le pourtour | Plusieurs murs sont touchés au même niveau, y compris des murs de refend intérieurs. | Un seul pan de mur, côté extérieur exposé aux pluies dominantes : orientez vers l’infiltration de façade. |
Si votre mur est humide en hauteur, dans les angles ou derrière les meubles, vous êtes probablement sur une condensation. Une injection de résine n’y changera rien, quel que soit le prix payé.
2. Pourquoi l’eau monte dans un mur ancien
Une maçonnerie est un milieu poreux. Ses pores les plus fins se comportent comme des tubes capillaires : l’eau y monte d’elle-même contre la gravité, jusqu’à ce que le poids de la colonne équilibre la force qui l’aspire. La hauteur atteinte dépend de la finesse des pores, de l’épaisseur du mur et de la vitesse à laquelle la surface peut évaporer.
Les constructions d’avant-guerre n’ont, sauf exception, aucune coupure de capillarité à leur base : ni film, ni arase étanche, ni chape isolante. Elles vivaient très bien ainsi tant que deux conditions étaient réunies : un sol extérieur bien drainé, et des parois capables de laisser l’eau s’évaporer. La plupart des désordres récents viennent de la disparition de la seconde.
Trois évolutions typiques déclenchent ou aggravent le phénomène : un enduit ciment ou une peinture filmogène qui bloque l’évaporation ; un terrain extérieur rehaussé au fil des décennies, qui noie la base du mur ; et une chape béton coulée à l’intérieur, qui reporte toute l’évaporation sur les murs.
3. Les traitements et leurs prix
Deux familles seulement traitent réellement une remontée capillaire : couper le chemin de l’eau dans le mur, ou éloigner l’eau du mur. Le reste — cuvelage, hydrofuge, doublage — relève d’autres causes ou du camouflage.
Traitements des remontées capillaires, au mètre linéaire
€ par mètre linéaire
Injection de résine hydrophobe
80 €/ml 180 €/ml
Drainage périphérique
100 €/ml 250 €/ml
fourchette basse-haute valeur la plus constatée
ordres de grandeur du marché national, non encore recalés sur devis collectés dans l’Oise • vérifié le • seul un devis détaillé engage une entreprise
Voir les chiffres en tableau
| Solution | Bas | Constaté | Haut |
|---|---|---|---|
| Injection de résine hydrophobe | 80 €/ml | 130 €/ml | 180 €/ml |
| Drainage périphérique | 100 €/ml | 175 €/ml | 250 €/ml |
L’injection de résine hydrophobe
Une série de perçages est réalisée à la base du mur, puis un produit hydrophobe y est injecté pour reconstituer une barrière continue sur toute l’épaisseur. C’est efficace quand la maçonnerie est assez homogène pour que le produit diffuse. Sur un mur de pierre hourdé à la terre, plein de vides et de blocages irréguliers, la diffusion devient aléatoire : le nombre de rangs de perçage et la quantité de produit doivent alors être adaptés, et le professionnel doit l’écrire.
Le drainage périphérique
Il consiste à ouvrir une tranchée le long des fondations, y poser un drain et un géotextile, et rejeter l’eau vers un exutoire. Il traite la cause plutôt que le symptôme, mais suppose deux choses : un exutoire disponible, et un terrain accessible à la pelle mécanique. C’est le poste le plus lourd du silo humidité, et souvent le plus durable.
Les fourchettes complètes de toutes les solutions, en euros par mètre linéaire et par mètre carré, sont regroupées sur la page prix du silo humidité. Le guide pilier compare les cinq familles de traitement.
4. Le cas du bâti ancien picard
Dans l’Oise, le parc rural est dominé par la brique de terre cuite et, dans les vallées, par la pierre calcaire. Ces murs ont trois particularités qui changent le diagnostic et le devis.
La brique picarde absorbe beaucoup, et vite
Une brique ancienne de récupération, cuite à basse température, est très poreuse. Elle capte l’eau facilement, la remonte haut, et la restitue tout aussi facilement — à condition qu’on la laisse respirer. C’est la raison pour laquelle un mur de brique enduit à la chaux vit sans désordre depuis un siècle, alors que le même mur ravalé au ciment se dégrade en quelques hivers.
L’enduit ciment des rénovations 1970-2000
C’est le facteur aggravant le plus fréquent de la région. Entre les années 1970 et 2000, une grande partie du bâti ancien a été enduite au mortier de ciment, en façade comme à l’intérieur, souvent avec les meilleures intentions. Le ciment est peu perméable à la vapeur : l’eau qui entre par la base ne peut plus sortir par la surface, elle monte plus haut et finit par décoller l’enduit par plaques. Le cloquage d’un enduit ciment sur un mur ancien n’est pas un défaut de mise en œuvre, c’est le symptôme d’un mur qui étouffe.
Un devis d’injection sans dépose d’enduit est incomplet
Sur un mur ancien recouvert d’un enduit ciment, couper la capillarité sans redonner au mur la possibilité de sécher revient à fermer le robinet en laissant la baignoire pleine. La dépose de l’enduit sur la zone touchée et sa reconstitution en enduit à la chaux, perméable à la vapeur, font partie du traitement — pas des finitions.
Vallées humides et sols argileux
Les vallées de l’Oise, de l’Aisne et de l’Automne concentrent des nappes proches de la surface, et une partie du département est concernée par l’aléa de retrait-gonflement des argiles cartographié par le BRGM. Un sol argileux évacue mal l’eau de pluie : elle stagne contre les fondations au lieu de percoler. C’est ce qui explique que le drainage périphérique donne, dans certains secteurs, de meilleurs résultats que l’injection seule. Le niveau d’aléa précis de votre commune est consultable sur Géorisques — [À VÉRIFIER : intégration de la donnée BRGM par commune].
5. Lire un devis de traitement des remontées capillaires
- La cause est écrite noir sur blanc, avec ce qui l’établit. « Traitement anti-humidité » ne veut rien dire et n’engage à rien.
- Le linéaire traité est chiffré mur par mur, avec le nombre de rangs de perçage et l’épaisseur des murs concernés.
- La dépose de l’enduit et sa reconstitution en enduit perméable figurent en ligne distincte, pas en option.
- L’attestation d’assurance décennale est jointe et en cours de validité : vérifiez l’année.
- La garantie de résultat précise ce qui est garanti, sur quelle durée, et ce qui l’annule.
- Le délai de séchage est annoncé — 6 à 18 mois selon l’épaisseur du mur — et les finitions ne sont pas prévues avant.
Si ce n’est pas une remontée capillaire
- Cave humide Suintements, odeur de moisi, sol qui reste frais. Quatre causes possibles, dont une qu’on ne traite pas.
- Condensation et moisissures Buée, taches noires dans les angles et derrière les meubles, surtout en hiver. Le désordre le moins cher à corriger.
- Salpêtre Dépôt blanc poudreux qui revient après chaque grattage. Un symptôme, jamais une cause.
Questions fréquentes
- Comment être sûr qu’il s’agit de remontées capillaires ?
- Trois signes doivent être réunis : une auréole qui ne dépasse pas 1 à 1,50 m, une limite haute horizontale et régulière, et une humidité présente toute l’année, y compris en été. Si l’un des trois manque, envisagez une condensation, une infiltration de façade ou une fuite avant de faire injecter quoi que ce soit.
- Combien coûte un traitement des remontées capillaires ?
- L’injection de résine hydrophobe se facture 80 à 180 € par mètre linéaire de mur traité, fourniture et pose comprises, avec une valeur souvent constatée autour de 130 €. Un drainage périphérique se situe entre 100 et 250 € du mètre linéaire. Ces fourchettes sont des ordres de grandeur du marché, non encore recalés sur des devis collectés dans l’Oise.
- L’injection de résine fonctionne-t-elle sur tous les murs ?
- Non. Elle suppose une maçonnerie suffisamment homogène et poreuse pour que le produit diffuse. Sur un mur de pierre hourdé à la terre, très épais ou plein de vides, la diffusion est aléatoire et le résultat incertain. Une entreprise sérieuse le dit avant de chiffrer, et adapte le nombre de rangs de perçage.
- Combien de temps le mur met-il à sécher après injection ?
- Comptez 6 à 18 mois selon l’épaisseur du mur et la quantité d’eau accumulée. Un mur de pierre de 60 cm sèche beaucoup plus lentement qu’une cloison de brique. Ne refaites ni enduit de finition ni peinture pendant cette période : vous emprisonneriez l’eau et le désordre réapparaîtrait sur le neuf.
- Faut-il retirer l’enduit ciment avant de traiter ?
- Sur un mur ancien en brique ou en pierre, oui, dans la zone touchée. Un enduit ciment empêche l’évaporation et fait monter l’eau plus haut. Le remplacer par un enduit à la chaux, perméable à la vapeur, fait partie du traitement — pas des finitions. Un devis qui l’ignore traite le symptôme.
- Une entreprise peut-elle garantir la disparition de l’humidité ?
- Elle peut garantir la coupure de capillarité, pas l’assèchement instantané ni l’absence de toute autre source d’eau. Exigez que la garantie précise par écrit ce qui est couvert, sur quelle durée, et ce qui l’annule. Vérifiez aussi l’attestation d’assurance décennale en cours de validité avant de signer.
- Peut-on traiter soi-même des remontées capillaires ?
- Des kits d’injection existent dans le commerce. La difficulté n’est pas le geste mais le diagnostic et le dosage : perçages mal espacés, profondeur insuffisante ou mur trop hétérogène donnent une barrière discontinue, donc inefficace. Sur un mur ancien épais, l’économie réalisée se paie souvent par un second traitement complet.
Sources et références
- Code civil, articles 1792 et suivants — garantie décennale sur les ouvrages de clos et couvert
- Code de la consommation, article L221-18 — délai de rétractation de 14 jours après démarchage à domicile
- Règles de l’art applicables aux enduits sur maçonnerie ancienne — référence normative précise à compléter — [À VÉRIFIER]
Informations vérifiées le . La réglementation et les aides évoluent : en cas de doute, le SPANC de votre commune fait foi.